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 SATURDAY NIGHT DIARY

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Sir Archibald Waters
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MessageSujet: SATURDAY NIGHT DIARY   Jeu 21 Sep 2017 - 15:30

C'est le pôle de minuit, le moment interdit où certains crient, l'heure affollante de l'horloge trépidante, le sonnet renversant du poète affligeant, là où les idées gambergeantes se rassemblent pour réfléchir au devenir de l'avenir, le lendemain...

Aujourd'hui les fantômes sont venus en nombre, les monstres de la nuit en effet s'associent, pour former en folie le gang de minuit, saturday night diary..

La glace s'est interposée, entre l'homme au teint sombre et son reflet décomposé par le teint de l'obscurité. La noirceur de la chambre met en valeur la scène de la peur, et les dents blanches de l'accoutumance se reflètent dans le plan souriant, c'est le blues de minuit, saturday night diary..

Les vampires sont sortis de leurs lits, aujourd'hui c'est la nuit, l'heure de faire peur aux rabougris, aux hommes blancs aigris. Par le rouge de leurs pulpeuses bouches, ils avalent en un instant le fruit d'un sentiment, présent incontinent, la morsure n'est pas à blanc. La petite chauve-souris dans son malheur rit, de terreur et de style, voila sa robe ensanglantée, que même la mort n'osera toucher. C'est la pulsion du lit, saturday night diary.

Au milieu de son lit, la pâle petite fille ne s'est pas endormie, c'est l'heure des ombres, générées par la lampe lumineuse et réconfortante, mais créant de terrifiant monstres. L'oreiller s'est retourné, voila la petite fille toute apeurée, un jour elle s'en rappelera, en voyant quelconque objet, et l'oeuvre de tous ces satanités passera enfin à la postérité.. Il faut la descendre la colline,lointain souvenir loin d'être fini, saturday night diary.

Dans l'alcôve bleutée que le poète a coloré, un couple dort bienheureux, il est le malheur des chimères, coups de tonnerres et autres lutins de pierre. Devant cet échec, l'assemblée des pire sorcières n'y pourra rien faire, car le réconfort se retrouve dans les corps..

C'était l'histoire de la nuit, saturday night diary
...

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Rêver est une chose douce qui ne coûte rien et qui rassure. ( Tahar Ben Jelloun )
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MessageSujet: Re: SATURDAY NIGHT DIARY   Mar 26 Sep 2017 - 10:52

Je ne veux plus de soleil, j'en ai marre de sa lumière
Je ne veux plus de soleil, sa lumière m'aveugle
Le soleil ça sert à rien ; juste à faire vivre la faune, la flore, quelques créatures somme toutes insignifiantes…
Et la nuit, alors ? La nuit ne vaut pas plus ; c'est une des inventions du soleil. Il est blasé, il nous nargue avec ses photons.
Non, je ne veux plus du soleil. J’en ai marre de voir la neige.
Je ne veux plus de soleil ; la lumière c'est bon pour les aveugles.
Je veux du noir, du trépas, de la mort, bien mélancolique, de la poésie sans rimes, des mots qui sonnent comme une cloche fêlée.
Je ne veux surtout pas d'or, ni de trésor ; l'argent c'est pour les gens, ces élégants rhumatisants, ces vivants traumatisants, ces soleils mortels.
J'aime bien le rouge. La couleur de l'ombre. Le noir, c'est pour les flemmards. Non, ce n’est pas de la rime facile, ni de la prose endormie. C’est juste le message de minuit... Et puis que veut dire minuit ? ça ne veut rien dire ; minuit c'est seulement le présent d'un méridien volatile...
Je ne veux plus de soleil. Marre du système.
Je ne veux plus de soleil. Le cycle de l'eau nous mène en bateau.
Il est Minuit, mes amis. C’est l'heure des bandits et ça c'est fini. Il ne reste que le noir ; il n’y a rien au fond du tiroir, les « Jack l’Eventreur » ont cassé leurs poignards, ils ne sont plus beaux tous ces chiens de traineau...
Je n’aime pas le néant, c’est tellement démodé. Il n’y a plus de blanc, il n’y plus de soleil peut-être mais le noir, non, je n’aime pas ça.
Le néant, ce vaurien trou noir, has been d'entre les vices et autres appréhensions....
Je ne veux plus de soleil. J’en ai marre des beaux parleurs.
Je ne veux plus de soleil mais le noir je n’aime pas ça.
L'alcool, diable couleur café, commun du mortel, ça ne vaut pas les bonbecs. C'est cruel mais on s'en lasse, la laisse de la dépendance on s'en fout, nous on veut autre chose, la chose nouvelle, la chose immortelle mais fragile quand même, la chose impérissable pourrie.
Je n’aime plus rien, même un rien m'ennuie, ça finit par lasser...
Et à la fin de l'histoire, le prince charmant s'en ira avec son baluchon vers les champs immortels ; tout ça, c'est bon pour les romantiques. Que des conneries... la vérité, c'est qu'il y a plus de princesses, il n’y en a jamais eu ; Cendrillon a joué avec les junkies. Alors le prince, comme d'hab', déçu, pleure son malheur inconnu et se tue avec sa connerie à pustules...
Je ne veux plus de soleil. J’en ai marre de l'univers.
Je ne veux plus de soleil. Je chie sur la végétation.
Je n’aime pas les pleurnichards, la mélancolie et tous ses acolytes larmoyants.
La nostalgie, c'est pour les moutons de Panurge ; la vérité, ça ne veut plus rien dire. La tristesse désespérée, moi je n’en ai plus rien à cirer. Le carnage, ça ne me fait ni chaud ni froid et le partage, je l'emmerde... Les victimes n'ont qu'à pleurer, rester plantées, elles n'auront pas plus qu’un caillou dans leur trou de ville. Je n’aime pas plus les j’en-foutres ; ils ont rien à dire et tous ces faux anarchistes qui se prennent pour Achille. Quant à la rime facile des poètes du dernier soir, je ne l'exècre pas plus que la rime sonore et indolore...
Le système que j’aime, c’est la grande pataugeoire où il fait bon d'être Noir ; la grande fourmilière ordonnée malgré ce que l’on en dit où chacun y trouvera sa merdique petite satisfaction furtive de bonheur ; où les travailleurs aident les chômeurs ; où les chômeurs font de la politique… non, c’est n'importe quoi. Des âneries que je raconte ; même si parler ne vaut pas plus que l'expression : le langage des signes emmerde la censure. On se fait tous couillonner par ce pédant soleil.
Soleil, je te hais,
Je t'excommunie,
Je te bannis,
Je détruis ton image,
La révolution ne mène qu'à l'explosion ; l'implosion d'hélium n'y changera que tout.
Je ne veux plus de soleil. J’aime la vie que voilà.
Je ne veux plus de soleil. Le miel, c'est bon pour les abeilles.

Et l'amour ?...

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MessageSujet: Re: SATURDAY NIGHT DIARY   Mar 26 Sep 2017 - 11:42

La gourde est sèche, le sable est vide, et mon cerveau se brise à trouver le juste sens de la rime et du rythme. Juste histoire de parler, histoire d'écrire... Pas envie de refaire le monde, il me va bien aujourd'hui, la taille est bonne, et l'eau tiède, tout est parfait. C'est un des jours où je déteste être en accord avec le système, carré bien lissé arrangé et bien bronzé comme il faut.

Il fait sombre, comme d'habitude, enfin j'aimerais bien, c'est dans l'histoire...

Les lèvres craquelées et sèches de sensualité, d'un rouge absolu au beau milieu d'une scène en noir et blanc. Un lampadaire, là, en haut à droite, qui éclaire d'une pâle lumière le bon vieux trottoir rugueux accompagné de ses mégots dans le caniveau et de sa pure poussière. Belle scène, pas vrai ? Juste un rêve, une pensée... Le spectateur ? Non, ce n'est pas à moi qu'elles appartiennent, ces belles lèvres sèches, disons à la personne aimée, homme ou femme, un trottoir ou l'autre...

Comment apprécier cette noirceur ce soir ? Pourquoi ne pas être hier, quand dans ma mélancolie je m'enivrais dans la fraicheur de la nuit obscure. Hier, je l'aurais adoré, le vieux réverbère, vénéré même ! Il a conçu la lumière, mais aussi ce contraste, cette histoire en noir et blanc ne dépend que de lui... Le contraste, mot que j'adorais hier, me voilà encore en train d'écrire un de ces pamphlets mélodramatiques heroïc-fantasy que même l'ennui, dans sa lasciveté lyrique, refuserait de lire. Mais je l'aime toujours ce contraste, pourquoi mon avis aurait-il changé d'un jour à ce lendemain ?
Oui, je ressens son essence se réinfecter dans mes veines et artères cartésiennes, voilà enfin venu le temps du poète, celui qui voit le mal et le bien comme deux ennemis. Mais non, je ne veux pas de ça, je ne vois pas le contraste comme du gris, ce serait trop malpoli pour lui, et cela ferait plaisir à nombre de ces personnes aigries, qui au lieu de voir la malice voit le mal de vivre, ces personnes qui, inondant le monde de connerie, donne un sens à des mots comme intelligence ou pragmatisme. Il faut bien les aimer, ils sont le jour et la nuit, et moi je suis le lampadaire gris.

Contraste, contraste ! Quel mot magnifique, quel ampleur artistique mirobolique, Quel discipline poétique fantastiquement ectoplasmique ! Je vois le contraste comme un rectangle, dont la longueur est horizontale, gris, au milieu duquel on distingue un cercle en noir et en blanc, deux diamètres perpendiculaires et parallèles aux côtés du rectangle coupe le cercle. Mais le cercle est assez gros par rapport au rectangle, bref on ne voit que lui, c'est lui qui compte, c'est le cœur du contraste ! Il est important, c'est lui que je cherche, c'est lui que j'ai trouvé. Je sais ce que vous vous dites, prose psychédélique d'un atteint mental soporifique.

Plongeons-nous dans le terme "soporifique"... Je veux que ce texte soit lourd, soit chiant à lire, il en va de son image de survie aussi courte sera-t-elle. Je veux des mots lourds, qui résonnent mal, dans la tête du lecteur, un texte lourd, très lourd, qu'on ne veut plus continuer, que l'on veut arrêter, mais sur lequel on se demande l'idée et le message premier si message premier il y a possibilité.
Ramons, pataugeons dans le petit bassin de morphée, l'ennui d'être fatigué... Phénomène naturel et important s'il en est, la fatigue s'inscrit en premier sur la liste de minuit, la liste de la douce folie mélancolique et romantique. On peut certes se réveiller plein de fatigue : Un mur, vous vous rappelez votre nom, ce n’est pas un mur, c'est un plafond. Virement de tête, quelqu'un à côté ou pas, mouvement rond et rectiligne de votre corps en poussant un long soupir. Il fait jour, le volet est ouvert, 11 heures, samedi matin, l'heure. L'heure de quoi ? L'heure, l'heure, le truc qui nous gouverne quoi ! Vous vous en rappelez et vous levez avec beaucoup de difficulté et d'assiduité. Voilà pour la fatigue du matin, mais celle du soir est beaucoup mieux.

Revenons à notre lanterne sur perche : vous êtes le spectateur, et paf, enivrement complet, tout le monde l'a vécu et le connait, pas besoin de description ni de dérision pour conclure que la fatigue est vachement prodigue, changement de style approximatif, mots un peu plus gros, yeux clos une fois toute les deux secondes, vision secondaire, Ouïe n'écoutant que le bruissement de coquilles du vent, la fatigue c'est un des bonheurs d'être libre.

Alors fatiguez-vous ! Au diable et aux autres les horloges chrono biologiques qui nous obligent à dormir tant d'heures par nuit, au diable les horloges ; pour un monde en chaos, votez celui qui ne porte pas de montre. Soyez fatiguez et prospérez : voilà la philosophie du nouveau marché. Le monde ne serait pas meilleur, mais ça serait le bonheur...

Rêve d'un soir, pas de quoi en faire toute une histoire.

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MessageSujet: Re: SATURDAY NIGHT DIARY   Mar 26 Sep 2017 - 13:25

Aujourd'hui tout n'est même pas gris.

Je me sens comme un plat crabe qui marche droit,

L'heure de la pleine matinée, morne journée de l'acoutumée
La rime n'est pas au rendez-vous et laisse place à une morose prose
L'adjectif a gardé son sens poétique, et en se plaçant devant le nom s'approprie.
Le verbe se conjugue au présent ou à tous les temps, minuscule rapport souris aéroport.
Les phrases s'agrandissent, s'alourdissent de mots de plus en mieux bateaux par grands cageots,
C'est l'heure de la pleine matinée, le temps des joies de la récré pour les nouveaux nés, l'heure du réveil pour les fêtards attardés en congé, l'heure de la perpetuelle télé pour les vieilles personnes âgées déjà embaumées, l'heure de s'attarder à écrire, à rire, sourire, nous pouvons nous aigrir et vieillir tranquilles en regardant paisiblement découler nos stéréotypes de vie.

La morosité est à son comble, quand soudain surgit des entrailles du destin un doux refrain, une douce mélodie qui vous rappelle de bons moments de votre vie, un petit souvenir lointain, un moment coquin, un rire enfantin, un fou rire entre copains, bref un petit rien. Et ce petit rien du tout en un rien de temps vous remet debout, vous sentez à présent la présence d'une autre chaleur dans votre corps, une flamme rejaillissante se consummant en dedans. C'est votre coeur, il vous parle de bonheur, vous l'écoutez avec lenteur, vous savourez l'éphémérité de sa douceur, tout en regardant dans la galaxie qui s'est colorée d'un nouveau gris, un gris joli, un gris tout petit, un gris très gentil, du moins vous semble t'il, moment futile de l'énergie de la pile..

La mélodie s'arrête enfin, vous vous réveillez de votre petit train, de votre nuage vous descendez et retombez sur le nez de votre précédente morosité, la bien-aimé regréttée qui l'espace d'une chanson vous a fait croire à sa disparition, elle revient à foison sur votre menton, enveloppe votre toison, vous remet dans le ton.. Ca y est elle a gagné, la chanson vous l'avez déjà oubliée, voila le retour de la normalité, votre quotidien apprécié, vous retrempez vos croissants dans votre café au lait, c'est le début de la journée, il faut se réveiller.

Pourquoi vouloir être heureux, pourquoi ne pas se contenter du doux méfait de vivre dans l'intensité de la non-animosité et autres contre-moralités ? Pourquoi tout le temps pensez que c'est dans le bonheur que votre vie trouvera son intensité ? La vie est construite sur la mort, et l'ennui sur le plaisir, alors pourquoi fuir l'un pour dans l'autre forcément s'y retrouvez ? La vie n'est qu'une précarité, l'ennui qu'une sinuosité, et il vous faut les traversez dans la banalité, alors savourez, savourez le baiser de la mortalité, la caresse de détresse, la fin du destin, car votre vie ne vaut pas plus qu'une bouchée de pain...

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